← Retour aux perspectives
11 mai 2026Fiscalité et conformitéEntreprise et droit

Fin de l’allègement pour petites entreprises en décembre 2026 : que faire d’ici là

L'allègement pour les petites entreprises (Small Business Relief, SBR) des Émirats arabes unis, qui permet aux entreprises éligibles dont le chiffre d'affaires est inférieur à 3 millions d'AED d'être réputées dépourvues de revenu imposable, prend fin le 31 décembre 2026. Les sociétés qui ont eu recours à cet allègement pour les exercices fiscaux 2024 et 2025 doivent se préparer à un environnement de conformité fiscale radicalement différent à compter du 1er janvier 2027.

Conformité fiscale des petites entreprises

Ce que le SBR apporte, et ce qu'il n'apporte pas

Le SBR ne dispense pas de déclarer. Les sociétés qui réclament cet allègement doivent toujours s'enregistrer auprès de la FTA, déposer une déclaration d'impôt sur les sociétés et opter expressément pour le SBR dans cette déclaration : il n'a rien d'automatique. L'allègement n'est par ailleurs ouvert ni aux QFZP, ni aux sociétés membres d'un groupe multinational. Les entreprises qui réclament le SBR à tort s'exposent au régime de pénalités ordinaire, détaillé ici, soit 500 AED par mois de retard de dépôt et 14 % par an en cas de retard de paiement.

L'allègement fonctionne en réputant les entreprises éligibles dépourvues de revenu imposable : aucun impôt sur les sociétés n'est donc dû. Mais il ne supprime pas pour autant l'obligation de tenir une comptabilité, d'établir des états financiers ou de respecter les autres exigences réglementaires. Les sociétés qui ont vu dans le SBR une raison de ne pas investir dans une tenue de comptes sérieuse trouveront le passage au régime de conformité fiscale ordinaire particulièrement délicat.

Se préparer à l'échéance

À compter de janvier 2027, les sociétés qui réclament aujourd'hui le SBR devront calculer leur revenu imposable, constituer une documentation de prix de transfert pour toute opération avec une partie liée, et acquitter l'impôt sur les sociétés de 9 % sur la part de revenu supérieure à 375 000 AED. C'est maintenant qu'il faut s'y préparer, et non en décembre. Les systèmes comptables doivent être actualisés, le plan comptable revu au regard de la conformité fiscale, et l'effet de l'impôt sur les sociétés de droit commun modélisé au regard des performances financières actuelles.

Pour certaines entreprises, la fin du SBR peut justifier un réexamen de la structure. Une entreprise individuelle qui était fiscalement avantageuse sous le SBR aura peut-être intérêt à se restructurer en entité de zone franche dotée du statut QFZP, à condition que le modèle économique permette de générer un revenu qualifiant. Il s'agit là d'une décision de structuration qui exige d'analyser l'entreprise concernée avant la fermeture de la fenêtre de l'allègement.

Articles connexes

Impôt sur les sociétés des EAU : deuxième campagne de déclaration et pièges de conformité à éviterLa FTA a renforcé sa capacité de contrôle de 135 % en 2024. Les audits QFZP ob … Prix de transfert aux EAU : les obligations documentaires de toute société de groupeLe principe de pleine concurrence s’impose à toutes les opérations entre parti … Impôt sur les sociétés des EAU : le statut QFZP expliqué aux sociétés de zone francheAlors que l’impôt sur les sociétés des EAU entame sa deuxième année d’applicat …

L'allègement en un paragraphe

L'allègement pour les petites entreprises (SBR), prévu par l'article 21 de la loi émirienne sur l'impôt sur les sociétés et par la décision ministérielle n° 73 de 2023, permet à un assujetti résident dont le chiffre d'affaires d'un exercice fiscal n'excède pas 3 millions d'AED d'opter pour être réputé dépourvu de revenu imposable au titre de cet exercice. En pratique, une PME éligible n'acquitte aucun impôt sur les sociétés sur ses bénéfices, non pas seulement sur les premiers 375 000 AED, mais sur la totalité. L'allègement est ouvert pour les exercices fiscaux clos au plus tard le 31 décembre 2026. Passée cette date, et sauf prolongation, les PME perdent l'allègement et acquittent le taux ordinaire de 9 % sur les bénéfices supérieurs à 375 000 AED.

L'éligibilité, et ses pièges

Allègement pour les petites entreprises : critères d'éligibilité et erreurs constatées
CritèreConditionErreur fréquente
Plafond de chiffre d'affaires3 M AED ou moins lors de l'exercice en cours ET de chaque exercice antérieur depuis l'enregistrement à l'impôt sur les sociétésLe chiffre d'affaires d'une bonne année passée disqualifie la demande en cours
Résidence aux ÉmiratsPersonne morale résidenteLes succursales d'entités étrangères sur le territoire continental ne peuvent en bénéficier
Statut de zone francheNe PAS être un QFZPUne entité de zone franche ayant opté pour le statut QFZP ne peut pas non plus réclamer le SBR
Présence multinationaleNE PAS faire partie d'un groupe multinational dont le chiffre d'affaires consolidé atteint ou dépasse 3,15 Md AEDLes filiales de grands groupes sont visées quelle que soit leur propre taille
OptionOption annuelle exercée dans la déclaration d'impôt sur les sociétésPar défaut, aucune option n'est exercée : il faut le faire expressément

Comment l'option interagit avec les autres choix

L'option pour le SBR s'inscrit dans un ensemble plus large d'options fiscales qui s'offrent à une PME. Elle est exclusive de celle pour le statut QFZP : une petite entité de zone franche doit choisir entre le taux de 0 % du QFZP sur le revenu qualifiant (avec sa charge administrative) et le simple 0 % du SBR sur l'ensemble du bénéfice (assorti du plafond de chiffre d'affaires de 3 millions d'AED). Pour la plupart des entités en phase de démarrage, la seconde formule est nettement plus simple. Le SBR a aussi une incidence sur l'utilisation des pertes : un exercice au titre duquel le SBR est retenu ne génère aucune perte fiscale, même en présence de pertes comptables. Une PME déficitaire qui envisage le SBR a donc intérêt à comparer la valeur d'une perte conservée pour s'imputer sur des bénéfices futurs à celle de l'option SBR de l'exercice en cours.

Le décrochage de décembre 2026

La décision ministérielle prévoit le SBR pour les exercices fiscaux clos au plus tard le 31 décembre 2026. Sauf prolongation, une PME dont l'exercice coïncide avec l'année civile déclarera sous le régime du SBR pour 2024, 2025 et 2026, puis basculera vers le régime de droit commun pour l'exercice ouvert le 1er janvier 2027. La considération de planification la plus importante est de bien saisir que le changement de régime est total dès ce jour-là. Les PME dont le chiffre d'affaires oscille autour de 3 millions d'AED ne devraient pas attendre la fin de 2026 pour mettre en place leur gouvernance, leurs prix de transfert et leur infrastructure comptable : ces chantiers prennent des mois, et la déclaration 2027 sera établie selon les mêmes normes documentaires que celles applicables aux contribuables qui ne relèvent pas du SBR.

Ce que recouvre vraiment le « chiffre d'affaires »

Le seuil de 3 millions d'AED s'apprécie sur le chiffre d'affaires brut (en gros, le produit des ventes), et non sur le bénéfice net. Les plus-values, les revenus de dividendes et les produits hors exploitation enregistrés au compte de résultat entrent dans le calcul du critère. Le revenu qualifiant de zone franche compte également. Le chiffre d'affaires réalisé avec des parties liées compte aussi : il n'existe aucune exception pour les honoraires intragroupe. L'erreur la plus dommageable que nous observons consiste à assimiler le « chiffre d'affaires » au résultat net du coût des ventes : ce n'en est pas la définition. Une société qui facture 4 millions d'AED de chiffre d'affaires pour 3,5 millions d'AED de coût des ventes a un chiffre d'affaires de 4 millions d'AED au sens du SBR et n'est donc pas éligible. Une tenue de comptes rigoureuse, où le chiffre d'affaires est suivi distinctement du coût des ventes, est le socle de toute demande de SBR.

Points clés
  • Le SBR ramène à zéro l'impôt sur les sociétés des PME dont le chiffre d'affaires n'excède pas 3 M AED ; il est ouvert pour les exercices clos jusqu'au 31 décembre 2026.
  • Le chiffre d'affaires s'entend du produit brut des ventes, et non du bénéfice ni du résultat net du coût des ventes.
  • Le statut QFZP et le SBR sont exclusifs l'un de l'autre ; il faut retenir une seule option par exercice.
  • Les filiales de groupes multinationaux dont le chiffre d'affaires consolidé atteint ou dépasse 3,15 Md AED sont exclues, quelle que soit leur propre taille.
  • Sans prolongation, la déclaration 2027 relèvera du régime de droit commun : engagez les préparatifs opérationnels dès 2026.

Le point de vue de Polaris

Polaris accompagne les petites et moyennes entreprises dans le passage du SBR au régime ordinaire de conformité à l'impôt sur les sociétés : actualisation des systèmes comptables, optimisation de la structure et planification fiscale.

Demander une consultation →