Les chiffres : 341 femmes, 403 sièges au conseil, 759 sociétés
Le GCC Board Gender Index Report 2026, publié par l'université Heriot-Watt de Dubaï et Aurora50, mesure la représentation des femmes au conseil d'administration de 759 sociétés cotées dans les six États du CCG. En janvier 2026, 341 femmes occupent 403 sièges au conseil, contre 334 femmes et 390 sièges en 2025. À l'échelle du CCG, la proportion s'établit à 7 %, en légère hausse par rapport aux 6,9 % de l'année précédente.
Les chiffres se révèlent plus parlants à l'échelle de chaque pays. Les Émirats se détachent nettement : 191 des 1 274 sièges au conseil, soit 15 %, y sont occupés par des femmes sur les trois places boursières du pays. Il ne s'agit ni d'un objectif ni d'une ambition, mais d'une réalité mesurée. Elle traduit une progression depuis les 3,5 % de 2020 que peu de juridictions, où que ce soit dans le monde, ont égalée. Le reste du CCG demeure très en retrait : Bahreïn à 10,5 %, Oman à 7 %, le Koweït à 5,6 %, le Qatar à 3,2 % et l'Arabie saoudite à 2,9 %.
Le cadre réglementaire à l'origine de ces chiffres
La performance des Émirats ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d'une construction institutionnelle délibérée. Le UAE Gender Balance Council, créé en 2015 sous la présidence de Cheikha Manal bint Mohammed bin Rashid Al Maktoum, s'est vu confier un mandat explicite : faire passer les Émirats de la 49e place au groupe des 25 premiers de l'indice d'inégalité de genre du PNUD. Dans le Rapport sur le développement humain de 2025, les Émirats se classaient 13e au niveau mondial et 1er dans la région MENA, soit une progression de 36 places en une décennie.
Le cadre réglementaire opère à plusieurs niveaux. En 2021, la Securities and Commodities Authority a imposé aux sociétés cotées de nommer au moins une femme à leur conseil d'administration. La Gender Balance Council Strategy 2026 vise la parité dans les fonctions décisionnelles de tous les secteurs et fait des Émirats une référence mondiale en matière de législation sur la parité. Les entités du gouvernement fédéral sont évaluées chaque année au moyen du Gender Balance Index, les mieux classées étant distinguées par les plus hautes autorités du pays.
Au sein même du gouvernement fédéral, les chiffres sont plus frappants encore. Les femmes occupent environ deux tiers des fonctions de direction des entités fédérales émiriennes. Le Conseil national fédéral a atteint une représentation féminine de 50 %. Les Émiriennes représentent 70 % de l'ensemble des diplômés universitaires et 56 % des diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM), constituant ainsi un vivier de professionnelles qualifiées dans lequel le secteur privé puise de plus en plus.
La représentation des femmes dans les conseils d'administration des Émirats est passée de 3,5 % à 15 % depuis 2020. C'est un véritable témoignage de la vision des dirigeants émiriens en faveur de l'égalité des genres dans le monde du travail.— S.A. Cheikha Shamma bint Sultan bin Khalifa Al Nahyan, présidente d'Aurora50
La trajectoire des Émirats : de 3,5 % à 15 % en six ans
Ce qui rend la trajectoire des Émirats remarquable, ce n'est pas seulement le point d'arrivée, mais l'accélération. Passer de 3,5 % en 2020 à 15 % en 2026 représente un rythme de croissance cumulé supérieur à celui de la plupart des pays européens sur la même période. La mesure prise par la SCA en 2021 a constitué le point d'inflexion ; mais ce sont le vivier de diplômées, l'exemple donné par le gouvernement et l'infrastructure culturelle qui ont rendu cette obligation réalisable plutôt que théorique.
Analyse sectorielle : où les femmes mènent, et où les écarts subsistent
Le rapport 2026 propose pour la première fois une analyse par secteur. Aux Émirats, les trois secteurs où les femmes occupent le plus de sièges au conseil sont les services financiers (86 sièges sur 564, soit 15,2 %), l'industrie (35 sur 214, soit 16,4 %) et les biens de consommation de base (15 sur 94, soit 16,0 %). La forte présence dans les services financiers est significative, car ce secteur englobe les banques, les compagnies d'assurance et les sociétés d'investissement, des entités soumises à la surveillance réglementaire la plus stricte et aux exigences de conformité les plus rigoureuses.
Pour les sociétés non cotées, qui échappent à l'indice des sociétés cotées mais subissent les mêmes pressions culturelles et réglementaires, la tendance est claire. Les entreprises qui constituent un conseil aujourd'hui doivent s'attendre à ce que les attentes en matière de parité s'étendent au-delà des seules entités cotées. La Gender Balance Council Strategy 2026 vise expressément tous les secteurs, et non les seules sociétés cotées en bourse.
Ce que cela signifie pour les sociétés non cotées et les nouvelles entreprises
Pour les sociétés non cotées qui constituent ou remanient leur conseil, en particulier au DIFC et à l'ADGM, où les normes de gouvernance s'alignent sur les attentes internationales, la composition du conseil n'est plus affaire de préférence personnelle. C'est une décision de gouvernance aux conséquences réglementaires, réputationnelles et pratiques.
Les conséquences concrètes touchent aussi les nominations d'administrateurs nominees. Les entreprises qui recourent à des services fiduciaires pour constituer leur conseil ont intérêt à se demander si leurs dispositifs de nominees reflètent les attentes de parité de la juridiction. Un conseil composé exclusivement d'administrateurs nominees masculins ne viole peut-être, sur le plan strict, aucune exigence actuelle applicable aux sociétés non cotées ; mais il paraît de plus en plus singulier dans un pays où les femmes occupent deux tiers des fonctions de direction du gouvernement fédéral.
Pour les entreprises qui recherchent une voie d'accès au Golden Visa pour leurs cadres dirigeants, la rencontre entre la politique de parité et la stratégie d'immigration mérite l'attention : les catégories élargies du Golden Visa incluent désormais des professionnels dans des domaines où les femmes sont particulièrement représentées aux Émirats, à savoir les sciences, la médecine, la technologie et le monde universitaire.
L'argument de gouvernance : au-delà de la conformité
La littérature de recherche sur la diversité des conseils et la performance des entreprises est abondante et globalement convergente : un conseil diversifié prend de meilleures décisions, exerce un contrôle plus rigoureux et génère des rendements plus durables sur le long terme. Pour les entreprises actives à la fois aux Émirats et en Europe, configuration fréquente chez les clients dont les structures de holding s'étendent à Chypre ou à la Suisse, la trajectoire des Émirats en matière de parité rejoint les attentes de gouvernance européennes. Les États membres de l'UE imposent de plus en plus des quotas de genre aux conseils des sociétés cotées. Une structure conforme aux normes de parité des Émirats est mieux placée pour satisfaire aux attentes équivalentes des juridictions européennes.
Ce qui ressort des résultats de cette année, ce n'est pas seulement la hausse de la représentation, mais aussi la régularité de ces progrès, étayée par une ampleur croissante des données et des analyses.— Professeure Dame Heather McGregor, rectrice et vice-principale, université Heriot-Watt de Dubaï
Le regard de Polaris : un cabinet cofondé par une femme
Polaris Corporate Services a été cofondé par Olena Kysla et Mohanad Almeshal. Olena en assure la direction générale et exerce la fonction de secrétaire de société pour les dossiers des clients ; elle pilote l'administration d'entreprise, la gouvernance de la conformité et les relations du cabinet avec les autorités de plusieurs juridictions. Ce n'est pas une simple note biographique : c'est une caractéristique structurelle du cabinet, qui traduit le principe même que mesure le GCC Board Gender Index, à savoir qu'une direction inclusive produit une meilleure gouvernance.
Notre expérience du conseil en composition de conseils d'administration le montre : les entreprises qui abordent la parité comme une véritable discipline de gouvernance, et non comme une case à cocher, font systématiquement preuve de contrôles internes plus solides, de processus décisionnels plus rigoureux et de meilleures relations avec les régulateurs, les banques et les partenaires institutionnels.
Perspectives
L'orientation est claire : étendre les attentes de parité des sociétés cotées à tous les secteurs, du gouvernement fédéral à l'entreprise privée, et des Émirats à l'ensemble de la région, à travers des initiatives telles que le Global Gender Circle et le UAE Gender Balance Centre of Excellence (créé en partenariat avec la Banque mondiale). Pour les entreprises qui implantent une entité aux Émirats, la recommandation pratique est simple : bâtir des conseils et des structures de direction qui reflètent la trajectoire du pays, et non son point de départ historique.
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Polaris conseille sur la composition des conseils d'administration, la nomination d'administrateurs nominees et les structures de gouvernance d'entreprise au DIFC, à l'ADGM et dans toutes les zones franches des Émirats. Cabinet cofondé et codirigé par une femme, nous apportons à la fois le cadre professionnel et l'expérience vécue pour aider nos clients à bâtir des structures de gouvernance qui reflètent la direction prise par les Émirats, et pas seulement leurs exigences minimales.
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